Le site historique de Sal classé à l’Unesco :

Cayambe, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Parmi le patrimoine culturel riche de cette île, et ses paysages splendides et uniques, un site en particulier s’est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
La Saline de Pedra de Lume :
La saline se trouve au nord-est de l’île sur une superficie de 40 hectares. Le site est caractérisé par sa création dans le cratère d’un volcan éteint situé à 39 m au-dessus du niveau de la mer et à 1500 m d’une baie protégée. Historiquement, à son côté nord, le cratère était en contact avec la mer par des canaux naturels qui permettaient l’infiltration de l’eau. L’évaporation de cette eau a entraîné la formation d’un dépôt de sel gemme d’une valeur de plus de cinquante millions de tonnes.
Quelles ont été les raisons de son exploitation ?
Dans le contexte de l’expansion européenne et des voyages transocéaniques, l’île a été très recherchée par les navires européens pour le salage de viande et de poisson. Effectivement, l’exploitation du sel a joué un rôle essentiel dans l’occupation permanente de l’île, avec comme source d’inspiration le riche marchand Manuel António Martins, qui, vers 1796, avec des familles de l’île de Boavista et des esclaves de la côte ouest, s’est installé dans la ville de Pedra de Lume.
Quel est l’objet de sa convoitise ?
Dans le premier quart du XIXe siècle, il a fallu construire un ensemble d’infrastructures pour extraire et évacuer le sel, comme le tunnel, la construction d’une voie ferrée et le port de Pedra Lume. Par conséquent, l’île est devenue l’objet de convoitises de la part de navires de diverses nationalités, en particulier du Brésil, afin de s’approprier cet « or blanc ». Cette époque d’or, où l’exportation de sel s’élevait à 29 000 tonnes par an, a été interrompue en 1887, avec l’interdiction du Brésil d’utiliser du sel étranger.
Quel rôle ont joués les Français ?
À la suite de cette interruption, et en raison d’une nouvelle situation (marchés africains, disponibilité du capital), l’industrie du sel a connu une nouvelle effervescence grâce à la compagnie française Salins du Cabo Verde, laissant une empreinte indélébile sur le paysage local. Il en va de même pour le téléphérique construit en 1921, long de 1100 mètres, capable de transporter environ 25 tonnes de sel par heure de la Salines au quai du port.
Son évolution :
Au cours de son activité, la saline a connu des évolutions majeures qui ont influencé son paysage, en raison de la forte demande de sel pour la cuisine des Africains, des Européens et des Sud-Américains, mais surtout pour la préservation des aliments.
Quels autres éléments que le sel ont été exportés ?
D’autre part, à l’intérieur du cratère, en plus du sel, on extrayait des roches dolomites qui se métamorphosent en engrais et étaient ensuite exportées vers les plantations de bananes aux Caraïbes. Afin d’y parvenir, différents équipements ont été mis en place, tels que le creusement d’un tunnel, la construction d’un chemin de fer qui exploite la force humaine, animale et plus tard le vent, ainsi que la construction d’un quai pour le déplacement de ce précieux produit. Au début du XXe siècle, de nouveaux bâtiments sont érigés. Cela concerne le téléphérique à moteur diesel (le premier en Afrique de l’Ouest), les ateliers mécaniques et de menuiserie, une centrale électrique, des machines de tamisage et de pulvérisation de sel, etc.
Source : Unesco